Traversée Futuna Fidjis, au revoir Jordan et Melan

Après divers rangements et nettoyage du préfiltre gasoil moteur , nous quittons Futuna à regrets après un peu moins de 24 h d’escale avec de belles rencontres et projets à venir.

Le météo est plus forte que les Gribs météo : comme d’habitude, il faut rajouter 40% en moyenne. Les quarts se succèdent, la mer, la houle, le vent sont forts et l’équipage est fatigué je le sens.
Il faut dire que nous sommes loin des clichés « croisière de rêve dans les iles », fantasme de ceux qui ne naviguent pas dans les zones reculées du globe. Même si nous avons le bonheur de pêcher enfin notre belle dorade Coryphène, La navigation est exigeante : nous dormons par tranches de quelques heures, souvent interrompues par des manœuvres, nous participons tous à la vie du bord et pour les skippers s’ajoutent l’analyse météo, la maintenance, l’anticipation et les décisions de manœuvre, la veille de la sécurité.

Le rythme de chacun est perturbé au bénéfice des nécessités de la navigation et cela peut être plus ou moins bien vécu. De plus on sait quand on part mais jamais quand on arrive…

L’arrivée est proche lorsque lors d’une prise de ris, la grand voile se déchire sur un étrier cassé du mât : nous n’avions pas bien regardé. Nous affalons la GV, et je reste seule à la barre à me dire que cela tombe vraiment mal à la veille d’un départ à deux pour la Nouvelle Calédonie…. J’attends le lever du jour pour entrer dans la marina. Nous attendons les autorités pour les formalités et rassurer nos amis. On va trouver une solution pour la GV.

Nous faisons le point de ces deux mois passés ensemble, nous qui ne nous connaissions pas :

  • côté bateau : 3067 Nautiques c’est formateur! pour les manœuvres et la barre ils sont passés du stade de débutant à confirmés, tèteront quelques aspects théoriques pour la navigation mais surtout la pratique et l’acquisition de l’expérience au fil des années. Nous avons réussi tous les quatre à partager un espace aussi petit (10.90 de long sur 3.96 de large), au milieu d’un espace liquide et mouvant sans limites et s’il y a eu des ajustements nécessaires, Jordan et Mélanie se sont remarquablement adaptés à la vie maritime alors qu’ils sont plutôt issus du milieu montagne et venaient de passer 7 mois à vélo en Tasmanie, Nouvelle Zélande, Japon en dehors des sentiers battus… Ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient à la vie à bord et ont contribué très positivement à la bonne marche de notre navire. Je les remercie très sincèrement avec beaucoup de reconnaissance.
  • côté associatif : ils sont venus à toutes les rencontres de Soignants isolés, ont pris la mesure des difficultés et disparités d’exercice de leurs collègues, ont confirmé leur souhait de tenter l’Aventure à deux en piste isolé dans un avenir proche et ont même jeté leur dévolu sur un des territoires visités (je vous laisse deviner lequel). Ils me disent aussi avoir mieux compris l’intérêt et même la nécessité de l’association et leur souhait de s’y investir à l’avenir sur certains projets. C’est une très bonne nouvelle! Ils participeront d’autant mieux aux projets résultant des contacts pris ensemble.

Nous leur souhaitons un très bon retour et un bel avenir professionnel et personnel.

Après deux jours d’escale et de formalités nous repartons avec Joanna vers la Nouvelle Caledonie. C’est un nouveau challenge : 700 nautiques à deux femmelettes coskipettes.

PS: la couture de la voile n’a pas posé de problème😉

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