Escale à Maré

Nous avons fait Escale 24h à Maré, la première des Îles Loyautés qui se trouve sur la route avant la Nouvelle Caledonie, pour attendre le passage de la dépression tropicale sur l’Ouest de la Nouvelle Caledonie et nous reposer. Bien à l’abri contre le quai de Port Jadine (le mouillage est de mauvaise tenue et ça soufflait encore fort), nous avons été réveillées par un important remue ménage sur le quai : la distribution à la population du fret arrivé la veille. Ambiance Kanak d’emblée, femmes en « robe mission », homme bien barbus et chevelus, arborant de larges sourires et bien intrigués de voir deux femmes seules sur un voilier.

Port Tadine n’est pas un port d’entrée en Nouvelle Caledonie, seul Nouméa l’est. J’ai donc déclaré l’entrée par internet aux services des douanes, bio sécurité et Police aux frontières qui ont bien voulu nous accorder une dérogation compte tenu de la météo mais je devrai me rendre à Nouméa dans leurs bureaux à mon arrivée, arborer le drapeau jaune jusque là et ne pas descendre de poubelles à terre.

Nous avons été à la mairie où se déroulaient 4 mariages civils, les mariages coutumiers ayant été réalisés dans chaque tribu la veille.
Ils nous ont indiqué le chef coutumier « mer » qui nous accorderait un droit de mouillage avant notre départ avant la pointe dans un petit coin de corail.

Puis nous n’avons pas résisté au plaisir d’aller rencontrer nos collègues de l’hôpital de Maré, tout en sachant que nous avons prévu d’y revenir courant septembre plus longuement.

L’accueil a été formidable, notamment par Tupou, seule aide soignante diplômée depuis 23 ans. Elle nous dit aimer son métier plus que tout pour les gens. « j’aime les gens ». Elle a commencé comme agente sanitaire au dispensaire de la Roche au Nord, puis assistante dentaire, puis est allée à Nouméa se former au métier d’aide Soignante, diplômée depuis 2002. Elle ne nous cache pas que la situation s’est beaucoup dégradée ces dernières années : pour 4 lits de maternité et dix de médecine, 3 postes d’aide soignantes diplômées seraient nécessaires mais elle n’a pas le sentiment d’être entendue. Il y a bien des « faisant fonction » mais c’est insuffisant. Le dispensaire du nord est fermé faute de personnels, les infirmiers ne sont plus que 6 (pour trente auparavant) et il est très difficile d’avoir des médecins. Nous lui donnons rendez vous dans quinze jours.

Nous rencontrons également Tristan et Léa, un couple d’infirmiers originaires de Bordeaux, qui sont arrivés il y a un mois de la Réunion. Changement complet d’ambiance : le premier jour, ils ont dû réaliser un accouchement inopiné avec la mise au monde d’un prématuré de 30 semaines… ils se sentent livrés à eux même et disent ne pas se sentir en confiance avec les médecins actuels qui n’ont pas les mêmes pratiques que leurs références, notamment en matière d’urgences. Ils ne resteront que jusqu’en novembre à Maré pour aller ensuite à Ouvea, puis rentrer en métropole.
Nous les reverrons mi septembre.

Nous repartons pour la Nouvelle Caledonie via l’île des Pins en fin de matinée avec une pause mouillage où nous aurons quelques déboires pour décrocher notre ancre des coraux. Alors que nous nous mettons à l’eau pour aller tirer l’orain et dégager l’ancre, apparaît un requin pointe blanche… pas très rassurant! Mais nous avons réussi et au bout de la nuit, la silhouette du « Caillou » de Nouvelle Caledonie apparaît…

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