Rencontre avec Alexandra, infirmière en poste isolé à Raivavae
Rencontre avec Alexandra, infirmière en poste isolé à Raivavae
À Raivavae, nous rencontrons Alexandra, infirmière originaire de Grenoble, venue exercer en Polynésie il y a 7 ans. Un choix de vie! Elle est à Raivavae pour un remplacement à l’infirmerie où les deux postes infirmiers sont vacants.
Affectée initialement à Rapa, l’île la plus éloignée de toute terre, s’y est opéré un véritable coup de foudre pour ce type d´exercice en poste isolé, défi quotidien, tout comme le mode de vie avec son compagnon. Rapa, c’est 500 habitants, deux villages, une infirmière, une école primaire : elle y a développé un programme pour les enfants d’ateliers sur l’alimentation, facilité par la commune, et s’est motivée elle même avec une collègue pour continuer à s’autoformer.
Ensuite elle a enchaîné des expériences à Hiva Oa et Fatu Hiva aux Marquises, Fakarava aux Tuamotus, Raiatea ( Sous le Vent), puis les Australes à Tubuai, Rapa, Raivavae… Elle a été formée à Moorea il y a 3 ans sous forme de découverte d’activité en poste isolé avec une grande variété de propositions (urgences, PMI,…) et de nombreux contacts qui lui sont toujours utiles, mais elle considère que le terrain lui a tout appris.

Il y a quatre ans, elle a décidé de passer le concours de fonctionnaire polynésien, et est devenue titulaire. Le poste proposé était itinérant et elle a intégré l’équipe des 20 autres infirmiers. Elle en apprécie la variété des expériences (6 à 8 par an) l’autonomie et pour son compagnon et son fils de 5 ans, c’est aussi un projet familial qui leur convient.
Elle précise que ce mode d’exercice est d’autant plus épanouissant qu’elle a un équilibre avec sa petite famille et ne se sent pas vraiment isolée.
Avec l’expérience elle a réussi à gérer la charge mentale des astreintes permanentes en poste isolé car elle y est souvent seule, a apprécié la richesse des équipes locales techniciens, administratifs, secrétaires médicales, avec beaucoup d’échanges, de soutien, d’interactions.
Elle apprécie aussi beaucoup la population insulaire, qui présente malheureusement beaucoup de pathologies chroniques et des problématiques spécifiques comme les posologies d’antibiotiques pour de jeunes enfants de 70kg. Elle adapte sa pratique « au malade polynésien », spécificités qui lui ont été enseignée par des médecins d’expérience. Elle est indulgente mais parfois démunie face aux problèmes d’observance liés au fait que si le malade polynésien ne ressent pas les symptômes, il arrête ses traitements, ce qui pose problème pour le diabète, l’HTA, l’obésité par exemple. Elle connaît bien chaque patient et est bien intégrée.
Les urgences ne lui font plus peur, elle gère calmement au mieux, tout comme la pénurie de médecins et les grèves récurrentes.
Alors, nous la remercions pour son témoignage d’infirmière du bout du monde épanouie et espérons rester en contact pour soutenir des initiatives de projet de prévention ou éducation de santé, comme celui de l’alimentation en primaire.
Pour l’heure, bientôt un nouveau né que nous lui souhaitons en pleine santé!
Merci Alexandra!