Ouvéa-Nouméa : femme à la mer et Bernadette
Ouvéa-Nouméa : femme à la mer et Bernadette
Nous quittons Ouvea à regrets mais il faut penser à rentrer. Contrairement aux prévisions, Le vent est de face, et nous enchaînons les virements de bord « deux fois la route, trois fois la peine ». A deux c’est plus difficile, nous ne pourrons pas atteindre l’Ile des Pins à ce rythme et Dom aura peut être besoin de soins. Nous décidons de rejoindre la côte Est de la Caledonie.
Un crachin breton, nuances de gris sur gris, du coup nous écoutons de la musique Irlandaise en imaginant des falaises que nous ne distinguons pas dans ce brouillard… pas très vendeur pour « la prestation ». Nous entrons dans la baie de Kouacoué bien à l’abri. Et là, (est ce la fatigue? L’oubli de ka consigne sans cesse répétée « deux pieds une main pour le bateau, une pour ce qu’on a à faire »?), alors que nous allions affaler la grand voile Fred bascule en arrière, culbutant par dessus la filière … à l’eau! Je n’en crois pas mes yeux mais lance d’emblée un « Femme à la mer » qui réveille Dom.
La manœuvre de récupération est simple : je donne à Dom l’ordre de ne pas la quitter des yeux, affale la GV, lance un pare battage, fait route au moteur vers elle et elle remonte à bord sans problème et en rigole. Moi, j’avoue je n’ai pas trouvé cela très drôle… C’est la première fois que cela arrive à bord et comme c’est la hantise de tout skipper, cela m’a marquée … j’en ai rêvé la nuit suivante avec un scénario plus grave, Fred inconsciente qui coule … preuve qu’on n’est jamais à l’abri d’accident et qu’il faut toujours anticiper et être prudents pour l’éviter au maximum! Ah la dure vie du skipper!








Le lendemain matin, soleil de retour : nous découvrons la beauté sauvage et calme de cette baie aux airs de Marquises. La nature est reine en Nouvelle Caledonie, décidément si belle et riche. Nous nous nourrissons de cette beauté de la création offerte à nos yeux d’explorateurs curieux .
Le lendemain, nous longeons la côte , aux nuances d’ocre, terre de sienne, rouge, dégradés de verts… et le coucher de soleil au passage du canal de Havannah, au près avec appui moteur contre vents et courants… pour arriver dans la nuit à l’anse Magic de la baie de Prony… où « Bernadette » nous attend encore!
Mais oui , souvenez vous, « Bernadette » c’est la barque en alu que nous avions remorquée avec Joanna à notre arrivée et déposée sur la berge en attente de la manifestation de son propriétaire… et bien, vu que 3 semaines plus tard, il n’a pas donné signe de vie, je suis devenue propriétaire de cette « prise de mer ».
Je décide de la remorquer à Nouméa vers un soudeur qui la remettra en état. Mais mon dispositif d’étanchéité est percé, nous la remettons à l’eau avec Fred : elle prends sérieusement l’eau… Fred propose d embarquer pour écoper pendant qu’on avancera à une vitesse suffisante pour éviter trop de remplissage… et c’est ce que nous faisons: six heures durant!
Nous arrivons à bon port à Nouville et la confions le lendemain à son docteur soudeur Yoann. Quelle opération épique et que de souvenirs!



