Équipe soignante de l’hôpital de Futuna

Futuna est une ile montagneuse qui a été découverte par l’explorateur hollandais Schouren en 1616. À la fin du a19 e siècle, elle devint un protectorat français. Aujourd’hui elle est habitée par environ 2500 habitants, avec une majorité de personnes âgées et d’enfants, la population active cherchant du travail ailleurs . Le système coutumier est également très présent.

Nous sommes accueillis par Alexandre, médecin urgentiste en remplacement pour 3 mois qui vient nous chercher au port en voiture car l’hôpital est plus loin sur les hauteurs.

Alexandre est un médecin nomade aventurier qui a déjà travaillé dans tous types de sites isolés, des TAAF, aux navires du Ponant en antarctique, mais aussi Hyères et Bastia. Il a un projet de navigation extrême sur un voilier austral qu’il vient d’acquérir et travaille pour financer son projet.
Il nous fait visiter l’hôpital, les salles de consultation, la salle de déchocage et nous présente à tout le monde. Il règne ici une ambiance familiale et accueillante.

Natacha, dentiste nous décrit son travail : elle est arrivée il y a plus d’un an avec son mari et ses 2 enfants , a trouvé ici ce qu’elle venait chercher un mode d’exercice polyvalent avec un contact patient très agréable . Elle retrouve le sens de son métier qu’elle dit avoir perdu en métropole. Très heureuse de travailler ici car elle a trouvé cet essentiel qui se passe du superflu. Mais elle doit repartir en décembre…à regrets.

Jean Michel, généraliste a travaillé 15 ans en Nouvelle Calédonie et a choisi Futuna comme dernier poste. Il y est comme un poisson dans l’eau.

Clément kinésithérapeute, venu de Corse, assume intégralement toutes les rééducations des Futuniens. Venu avec sa compagne, il est très heureux de la diversité de l’exercice et des contacts patients.

Guenaelle et Dmerenziana, deux cadres de santé futuniennes orchestrent l’organisation des soins en collaboration avec Wallis et évacuations sanitaires de l’hôpital ( environ 500/an avec les consultations vers Wallis) qui comprends 14 lits, dont deux de gynéco obstétrique et un de déchocage. L’hôpital doit être refait entièrement dans 3 ans. Elles nous apprennent que 27 infirmières futuniennes sont en formation à Dieppe et reviendront diplômées exercer à Futuna.

Régine, infirmière au Service de Soins à domicile de Futuna depuis 45 ans est la doyenne de l’équipe et nous affirme qu’elle a pleinement accompli sa vocation soignante.

Enfin Lute, aide soignante au déchocage nous explique tout son matériel, le scope, les seringues électriques et sacs d’urgence, l’outil Cadix, le stockage des produits sanguins, le tout parfaitement maîtrisé…
Elle a travaillé 11 ans dans l’armée en Alsace et connaît le village où vit le père de Mélanie, quelle coïncidence. Elle a été aide soignante à Toulon et est revenue au pays. Son fils partant étudier l’informatique à Rouen et elle va y vivre 3 ans et y faire ses études d’infirmière avant de revenir définitivement à Futuna.

Pour finir nous faisons une photo de groupe et donnons rdv à ceux qui peuvent pour un apéritif à bord de TûAti. La soirée a été très agréable.

Le lendemain nous devons repartir pour déposer Jordan et Mélanie aux Fidjis, mais je retourne à l’hôpital pour rencontrer Claire, la médecin responsable et Guenaelle sage femme.

Claire est ici depuis de nombreuse années et mariée à un futunien. Elle connaît bien la population et ses coutumes, est bien intégrée et dirige l’hôpital de Futuna. Nous échangeons sur les besoins des professionnels de santé : la formation aux gestes techniques des infirmiers comme la pose de voies centrales, les protocoles d’urgences. Le projet d’éducation à la vie sexuelle du Dr Chanteau en Polynésie lui paraît très intéressant à développer sur le territoire en on adaptant aux spécificités locales et en le faisant porter par les sages femmes qui interviennent déjà dans les écoles mais sans support formalisé.
L’outil psynum pour la santé mentale retient aussi toute son attention.

Guenaelle est sage femme sur l’île depuis 7 ans en terme de formation souhaiterait pouvoir se former à la réalisation d’IVG en métropole . Elle se plaint du fait qu’À Wallis Futuna , il n’y a pas d’accès à l’IVG, la commission des soins ne l’autorisant pas. Elle dit pourtant avoir des demandes ce qui la met en mauvaise posture. Par ailleurs, elle pratique peu d’accouchements, environ 35 par an, la plupart ayant lieu à Wallis. Séduite par un échange de type « vis ma vie » avec le CHU de Rennes, nous resterons en contact.

Merci à tous pour votre accueil! Sûr que Soignants des Îles à plein de projets à mettre en œuvre avec vous !

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